07 août 2016 - Lisbonne
Petite heure d'insomnie sous le ciel lisboète. La chaleur sort des troncs, des rampes, des trottoirs et de tous ces petits pavés blancs et noirs qui dessinent les rues de la ville et en chuchotent l'histoire là, maintenant, quand personne n'écoute. Oh, pourtant, malgré l'haleine de soleil qui s'est attardée dans les rues, la ville vit et chante et crie. Là c'est un fado que j'hallucine, d'une ruelle où personne n'ose plus errer, un chant mélancolique engorgé par un marin d'une autre ère tatoué jusqu'aux ongles et jusqu'aux dents : un fantôme avec un ventre et tout le Portugal dedans. Ici c'est une boite de nuit qui pousse du pied le trottoir et s'élève un peu pour retomber chaque fois, lourdement, sur ses jeunes danseurs suants. Celui-là ramènera quelqu'un dans sa chambre avant le jour, parce que la torpeur autorise. Là-bas encore les roues du dernier tuk-tuk scient les ruelles pour transporter le dernier client, un peu étra...