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3 août 2023 : Summer Camp au Mont Dore

Aujourd'hui j'ai vu le vent danser. La littérature ne s'en lasse pas : les feuilles qui dansent sur les arbres, les fichus sur les cheveux, les jupes autour des jambes... tout danse à tout va dans les romans et les poèmes. Mais le mien dansait mieux, il dansait vrai, il dansait sur de la musique.  Je suis bénévole sur un Festival de danse, trois semaines. Ces quelques derniers jours étaient nouveaux, l'univers des danseurs de blues, plein de sensualité et d'amour, de sensibilité à fleur de peau et de sexualité faussement assumée, est pour moi d'une profonde étrangeté. Je regarde les gens s'exprimer par leur corps, avec ce mélange de fascination et de répulsion qui doit être le propre de l'exotisme : je me sens colon, non pas de ces premiers explorateurs qui dechiffraient tout ensemble des jungles et des civilisations, mais de ces habitants qui occupent des lieux qui ne leur appartiennent pas et jugent nonchalamment de la moralité et de l'intelligence...

23 mars 2023 : Rome

La journée, je traverse Rome dix fois, cent fois, comme la touriste que j'aime être : je ne visite rien ou presque, mais j'absorbe à l'infini, en même temps que le soleil printanier, le sentiment de la ville, son flux, son rythme, sa respiration.  Il y a quelque chose dans la respiration d'une ville comme Rome qui est touchante. À la fois toute pleine de passé, et violemment en désir de jeunesse, d'actif. Ça décale, ça décalque, ça passe la nostalgie au présent et toute chronologie devient improbable, tordue, délitée. La respiration de Rome c'est un souffle inversé, une syncope sur l'ordre des choses. Alors respirer avec Rome c'est en accepter l'aberration et ressentir l'émotion qui l'accompagne. Elle bat comme diable et trahit pourtant sa torpeur de vieille dame. Le jour, je bouge et, parce que seuls les gens immobiles peuvent être réellement solitaires, je ne suis pas seule. Non, ne peuvent pas être seuls ceux qui vont quelque part et moi, ...