21 décembre 2025 - Séoul 2
C’est dans le froid que j’aperçois le mieux les lumières. Un café à 17h ; ça parle cinéma, France et Corée, j’ai rôdé la présentation depuis un moment. Je lui fais répéter toutes ses phrases anglaises qui contiennent des « th » ou des « ph », il me fait répéter tous les noms de réalisateurs que j’essaie pourtant de prononcer avec l’accent Coréen. C’est un passage attendu, pour ne pas dire obligé. Je bois un déca amer en me réchauffant les mains, il passe les siennes au-dessus d’un verre contenant du café et assez de glaçons pour construire une patinoire olympique : pas de doute, je suis bien en Corée. A 17h15 il fait nuit noire, à 18h le café ferme et on en sort avec encore les gestes rigides des gens qui ne se connaissent pas ; c’est pas robotique, c’est pas métallique, c’est quelque chose comme du bois : des interactions sans souplesse mais suffisamment organiques, suffisamment tièdes pour qu’on s’y laisse toucher, sans geste brusque, sans force...