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Affichage des articles du juillet, 2013

Sixto Rodriguez, héros de la classe ouvrière

Il y a quelques jours c'était le concert de Rodriguez à Toulouse. Sous l'oeil rond du verre de vin du Prince de Monaco, rendu turquoise -le verre- sous les lumières changeantes du concert, on a vu débarquer, porté par deux hommes comme le mort-vivant de 70 ans qu'il est, le héros de la classe ouvrière désenchanté, l'homme philosophe revenu à la mode. Sa voix, inchangée par les années, ses airs sans ride et sans faiblesse, ses textes dylaniens qui reviennent aujourd'hui, rendus à la vie par le monde enterré d'Afrique du Sud et l'industrie sévère du cinéma, ses rides et son chapeau… Il était sans parole, mais qui en attendait ? Qui voulait voir parler le fantôme, puisqu'il avait une guitare pour discours et une voix encore étrange, une voix de somnambule que j'écoute à l'instant, pour nous donner la sensation que même la mort n'est rien pour l'artiste ? Inconnu de l'occident, légende pour les Afrikaans qui le pensaient mort, suicidé sur...