Ukulélé
Je ne cesse de penser à la deuxième fin de cette thèse. Jusqu'à récemment, chaque fois que je la contemplais, une image me venait, absurde autant qu'irrépressible. Je me voyais donner un brutal coup de poing. En boucle, je hurlais en lançant mon bras droit de toutes mes forces. Mais surtout, je me voyais, à l'autre bout, le recevoir. La violence, la noirceur, je ne les nie pas. Mais dans cette violence il y avait du soulagement. Du soulagement dans l'air que je fendais, du soulagement dans les ongles qui faisaient saigner la paume de ma main, du soulagement dans mon visage écrasé et dans ma joue brisée. Je ne voulais pas en parler, parce qu'il y avait du soulagement. Mais ça ne s'arrêtait pas. Il m'arrivait d'ouvrir les yeux la nuit et qu'avec l'idée de ma thèse me vienne celle de donner – et recevoir – ce coup de poing. Je regardais la scène, clairement, sur l'écran obscur de ma chambre. Si pendant la journée je...