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Affichage des articles du 2013

Sixto Rodriguez, héros de la classe ouvrière

Il y a quelques jours c'était le concert de Rodriguez à Toulouse. Sous l'oeil rond du verre de vin du Prince de Monaco, rendu turquoise -le verre- sous les lumières changeantes du concert, on a vu débarquer, porté par deux hommes comme le mort-vivant de 70 ans qu'il est, le héros de la classe ouvrière désenchanté, l'homme philosophe revenu à la mode. Sa voix, inchangée par les années, ses airs sans ride et sans faiblesse, ses textes dylaniens qui reviennent aujourd'hui, rendus à la vie par le monde enterré d'Afrique du Sud et l'industrie sévère du cinéma, ses rides et son chapeau… Il était sans parole, mais qui en attendait ? Qui voulait voir parler le fantôme, puisqu'il avait une guitare pour discours et une voix encore étrange, une voix de somnambule que j'écoute à l'instant, pour nous donner la sensation que même la mort n'est rien pour l'artiste ? Inconnu de l'occident, légende pour les Afrikaans qui le pensaient mort, suicidé sur...
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4 avril 2013 : Londres vol. 6

C'est une tempête de neige qui déferle dehors tandis que j'attends mon avion. Je suis au dernier jour de mon voyage, et pour donner un peu plus d'unité au tout Londres me quitte comme elle m'avait accueillie : sous les flocons. Dernièrement je n'ai cessé de marcher. J'ai profité de la pointe de soleil qui s'est amenée avant-hier pour (dans le désordre) me balader dans Regent’s Park, prendre une photo sur Abbey Road, et quand même visiter le Museum d'Histoire Naturelle (la file d'attente n'étant plus qu'à un quart de ce qu'elle était vendredi dernier). Je me suis fait, tout en visitant, une liste mentale très utile. Note à moi-même, j'aime : les dinosaures, les grands squelettes d'animaux disparus, les animaux empaillés quand ils ont l'air de bouger, et les jeux où il faut tourner des manivelles et pousser des boutons. Je n'aime pas : qu'on m'explique des choses sur des écrans pour que ça ait l'air plus interact...

1 avril 2013 : Londres vol. 5

Un dimanche et un jour férié à Londres, cela signifie la moitié des métros fermés (certains pour cause de réparations je dois l'admettre) et avec eux une bonne partie des magasins, restaurants et attractions en tous genres. Ajoutez une petite pincée de vent, passez le tout au congélateur, et vous avez quelqu'idée de ces deux dernières journées. Elles m'ont donné l'impression de ne pas être aussi active que j'aurais dû l'être, de ne pas profiter assez… Et pourtant hier j'avais déjà fait le tour de Notting Hill (j'ai cherché Hugh Grant dans la librairie qu'il tient dans le film, mais ils l'avaient remplacés par un jeune anglais de la même trempe), magnifique quartier résidentiel où tout est marqué du sceau tout anglais du calme et de l'élégance. Puis tout en mangeant la moitié d'un amalgame infâme de farine, d'eau, de jambon et de moutarde qui ose s'appeler un “sandwich”, j'ai visité les Churchill War Rooms, le labyrinthe étroit...

30 mars 2013 : Londres vol. 4

J'avais rendez-vous dans un salon de thé avec une ancienne camarade de classe que je n'avais pas vu depuis des années et avec qui en toute sincérité je n'avais pas beaucoup discuté déjà à l'époque. Mais elle est Londonienne par son père, et est aujourd'hui institutrice à Londres, en vacances pour être exact, ce qui explique par ailleurs les innombrables marmots qui se baladent dans les rues… Et font la queue pour les musées. Donc, en l'honneur d'un passé commun, d'une amie commune et des quelques heures que nous avions de libre toutes les deux dans la même ville, nous nous sommes retrouvées, puis appréciées. Mon amie rit beaucoup, ce qui a épicé cette soirée déjà mémorable du fait que j'ai assisté pour la première fois à un spectacle burlesque. C'était dans la cave d'un club bondé du nom du Troubadour, entre deux excellents groupes de rock. Tout en me penchant exagérément au dessus d'une personne assise pour percevoir un peu plus du tiers...

29 mars 2013 : Londres vol. 3

Yay! Baby train ! C'est un joli gamin qui s'est écrié ça en s'écrasant sur la petite vitrine d'un train miniature au Science Museum. Ce qui se traduirait littéralement par “Ouais ! Un bébé-train !” Je vous invite donc à bord de ce bébé-train pour visiter ma bébé-journée, une journée sans envergure, mais sans façons, qui n'en provoque pas moins l'enthousiasme. Pour ceux qui savent regarder. On est neuf dans ma chambre, et j'étais résolue à faire une grasse mat´, c'est-à-dire à être la dernière levée. J'étais dehors à moins de neuf heures, donc, à me demander depuis quand les adolescents étaient devenus matinaux. Je me rendais donc tranquillement au Musée d'Histoire Naturelle, quand je suis passée à côté d'une gigantesque file d'attente. J'ai dit gigantesque ? Oubliez : faramineuse. Je me demandais s'ils attendaient l'ouverture des portes d'une librairie pour acheter dès sa sortie un nouvel Harry Potter dont on ne m'aura...

29 mars 2013 : Londres vol. 2

Patchwork d'une journée Victoria and Albert’s Museum : exposition David Bowie. J'aurais aimé découvrir cette exposition dans mes années collège. Il serait devenu pour moi une sorte d'idole hybride, mi-homme mi-femme, mi-bête mi-être. J'aurais pris conscience de mon droit à exister non pas au travers de mon milieu, de ce que la mode ou la loi du plus fort nous autorise à être (particulièrement à cet âge-là), mais au travers de ma culture, de ma volonté. J'aurais appris que je ne suis pas ce que je veux, et de fait que je ne suis pas coupable de ce que je suis, car je suis simplement la somme de mes goûts, de mes sentiments, de ma volonté, de mes propres restrictions. Et que mon choix réside dans la façon dont je vais utiliser ma palette -ma voix, mon corps, mon genre, mes mouvements, mes vêtements, ma tenue- pour dire ce que je suis. Aussi aujourd'hui j'y trouve une ode à l'individualisme, à la consommation, à la superficialité. Ce sont des mots bannis, p...

26 mars 2013 : Londres, vol 1

Je suis incapable, toujours, de comprendre ce qui me rend Paris si désagréable, si oppressante quels que soient les quartiers dans lesquels je me rends. De comprendre ce qui, dans une ville somme toute élégante et vivante, me donne envie de m'enterrer dans un terrier en suppliant les gens d'arrêter de me regarder comme si je leur avais volé leur espace. La question se pose d'autant plus que j'ai adoré mes quelques mois à New York, tout comme j'apprécie mes déambulations dans la magnifique ville de Londres. Pourtant, mes premiers pas ici sont difficiles -mais est-ce que ce n'est pas toujours le cas ? : toute seule, comme cela devient mon habitude, dans une gigantesque ville anglo-saxonne. La peur et l'excitation valsent compulsivement dans ma poitrine depuis plusieurs jours, et je les regarde s'emmêler, impuissante. Il y a toujours cette langue anglaise que je réapprends à manier. Bien sûr elle m'est familière, mais il y a toujours cette inquiétude,...