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Affichage des articles du novembre, 2010

23 novembre 2010 - New York vol.34

L'enchantement de la publicité ciblée. Il y a quelques mois, je discutais avec mes amis : de décor, de ce que j'aimerais faire, etc. J'ai finis par leur dire que la construction d'un décor pour un univers steampunk devait être génial. J'ai regardé leur tête s'allonger et, mieux que des mots des images, ai tapé “steampunk” sur Google images. Quelques semaines plus tard, parmi les publicités de Facebook, je trouve cette annonce “steampunk event, à New York, le 21 novembre”. C'est ainsi que tout commence. Avant-hier, donc, j'étais au Webster Hall pour ce fameux “Steampunk event”. En supposant que mes lecteurs ne soient pas tous geeks, nantais, et ne jouent pas tous à Bioshock, je vais essayer d'expliquer ce qu'est l'univers steampunk. On appelle ça le rétrofuturisme, parfois. C'est une sorte d'univers parallèle inventé par, disons, des historiens fous londoniens. Imaginez le futur tel qu'auraient pu le voir les homme...

19 novembre 2010 - New York vol.33

Il y a deux semaines, lorsque j'ai accepté de faire le décor de ce fameux tournage, j'ai demandé à la jeune réalisatrice quel était son budget pour la partie décor. “$500, mais moins ce serait génial”. J'ai acquiescé, me disant que $500 pour trois décors différents en intérieur (et deux en extérieur, mais là il n'y a rien à dépenser), c'était pas du luxe, mais que j'allais voir ce que je pouvais faire. Je lui ai donc envoyé un budget que j'avais fièrement limité à $300, à supposer que j'arrivais à trouver les oiseaux et leur cage gratuitement. Il y a quelques heures, elle devait donc me donner l'argent, d'avance. Je l'ai vu s'avancer vers moi et me dire “Marie, il faut qu'on parle, à propos du budget… il est vraiment très serré tu sais… il faut vraiment que la plupart des choses que tu dépenses, tu puisses les ramener ensuite et te les faire rembourser… Je peux dépenser pour de vrai $20 en tout mais pas plu...

17 novembre 2010 - New York vol.32

La recherche de l'oiseau bleu… Je suis d é coratrice sur un nouveau tournage, enti è rement mexicain cette fois. Un conte pour enfant. Deux enfants vont à la recherche d'un oiseau bleu dans les univers du pass é , de l'avenir, du non-temps… Le sc é nario est ce qu'il est. Mais au cours de leur recherche, ils en trouvent des oiseaux bleus. Mauvaise nouvelle : ils deviennent vite noir. L'ironie de la chose fait que de part mon r ô le de d é coratrice, je me retrouve à la recherche de l'oiseau bleu (et de l'oiseau noir), afin qu'ils viennent tenir leur place dans ce film. Quels univers traverserai-je au cours de ma qu ê te ? Manhattan, Brooklyn, et un brin de Long Island où se fait le tournage. L à -bas, les arbres sont embras é s de feuilles rouges, le soleil absent y a trouvé son successeur. Ici, les dalles grises tremp é es d'eau refl è tent les n é ons magiques de toute la ville, les cassant au passage de lignes irr é guli è res, en diamants de ...

10 novembre 2010 - New York vol.31

Deux soirées… Hier encore une fois, après les cours, j'ai marché sur les pas de l'allemande jusqu'à un café de Brooklyn qui n'est pas loin encore de se faire avaler par les deux diners en métal qui l'encadrent. Chaque table était éclairée à la bougie, et cette raison m'a suffi pour commander un Kir plutôt que la consensuelle bière, qui de toute façon sonnait froid dans ma tête. Un groupe s'est installé, mon amie était là pour eux et j'étais là pour elle, rien qui ne soit arrivé déjà un million de fois : sinon l'apéritif et les chandelles, c'était une soirée de jeunes sur une terre de jeunes. La première note lancée par le bassiste a manqué de m'arracher le tympan. Envolées la douceur du Kir, des bougies, de la pénombre, de mon amie à côté de moi qui traçait son chemin au travers de son accent allemand pour faire sa commande… Même pas une note, même pas un pincement de corde : juste du bruit à m'en fai...

8 novembre 2010 - New York vol.30

Je suis sous terre à Manhattan, Brooklyn de l'autre côté du pont m'appelle de son silence de vieux quartier, le métro accélère, il tangue, il gémit encore et sans pitié je me marre, parce qu'un jeune barbu me raconte des histoires de photographe, et je me marre parce que je m'en fous, parce que je l'aime bien, parce que je rentre chez moi. Je suis à Brooklyn, mes doigts glacés se jettent sur le col de mon manteau, je me bat contre le vent qui me lance ses milliers de pics de glace, je me bat contre le vide de ce quartier industriel. Pas une âme, pas un moteur vibrant, pas un chat. Un lampadaire pitoyable qui n'éclaire pas plus que son propre globe, des vieilles usines de monde en déroute, un clochard endormi sur ses marches, dans une niche de vieux machins poussiéreux, qui boit le goudron à grandes lapées de misère, et puis le vent hurlant sur les dalles de béton et le fer barbelé. Comme il siffle sur le silence ! Il me raconte la fin du monde...

3 novembre 2010 - New York vol.29

Il y a un mois, une petite coréenne répondant au prénom adorable de Mimi a fait appel à mes services en tant qu’“art director”, un des nombreux métiers américains que les français regroupent sous le nom et en la personne du “décorateur”. En l'occurrence, le studio était déjà en place, et il y avait peu de choses à faire, sinon une recherche d'accessoires et l'installation de petits objets de la vie quotidienne dans un décor de sitcom. Pas que ce travail en particulier m'intéresse outre mesure dans la décoration, mais c'était une bonne occasion de me retrouver sur un tournage à New York (un autre, j'ai été sondière au début du mois sur un tournage dans le New Jersey), donc j'ai accepté. Et je me suis retrouvée dans une équipe composée entièrement de coréens, et dont seule l'actrice était israélienne. Pas un seul américain, donc, mais j'étais en réalité la seule étrangère dans la mesure où ils étaient tous à New Y...

2 novembre 2010 - New York vol.28

New York, l'espace d'un week-end, est devenue folle. Folle à lier. C'était Halloween. Il y a de tout dans cette fête, et ils s'y plongent avec tant de… eh bien de bonheur ! Ils aiment cette fête, tout simplement, de façon aussi génuine que les enfants aiment noël, mais ici, Halloween, ce n'est pas que pour les enfants. La fête dure 3 jours, et avant cela, toutes les maisons de New York, du taudis à l'hôtel de luxe, sortent squelettes et toiles d'araignées du placard et se parent d'un orange de circonstance. Mention spéciale d'ailleurs pour le New Jersey, où les mignonnes petites maison sagement alignées prennent des airs de canailles avec des décorations volumineuses, de véritables mises en scènes de films d'horreur, orchestrée le plus souvent par des squelettes ou des fantômes. Ailleurs, cependant, comme on pouvait s'en douter, la discrétion des décorations est inversement proportionnelle au revenu. Mais en France, il y...