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Affichage des articles du janvier, 2011
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12 janvier 2011 : Los Angeles vol.1 : FIN DU VOYAGE

Mes dernières heures à Los Angeles sont là et, par conséquent, mes dernières heures sur le territoire américain. C'est comment Los Angeles ? Je ne sais pas. Dépaysant, sans doute, pour voir les choses du bon côté. Grand, il n'y a pas à dire : la moindre « petite » rue a 6 voies et s'étale sur l'équivalent de trois villes différentes. Car il y a plusieurs villes à L.A. : Santa Monica, Universal City (non, vous ne rêvez pas, les studios universal sont si grands qu'ils ont leur propre police, leurs propres pompiers et leur propre code postal), et d'autres. La ville entière est folle. Je ne veux pas dire par là énergique ou vivante -loin s'en faut- mais décalée, hors du réel… toute la ville est touchée par ce fanatisme de la célébrité qui la rend vulgaire, vénale… Si New York est une grande enfant et San Francisco une hippie, alors Los Angeles doit être une prostituée. Le mieux étant bien sûr que je raconte, mais après tout je n'y ai passé que deux jours… De...
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10 janvier 2011 : San Francisco vol.9

Ai dompté le Golden Gate Bridge. Stop. Bon, j'ai triché. Arrivé dans les méandres du parc j'avais peur de ne pas arriver au pont avant la nuit. J'ai donc, après maintes recherches (en réalité : un coup de chance) trouvé une ligne de bus qui y menait. Arrivée là-bas, la brume confondait le pont rouge (quelqu'un me souffle à l'oreillette qu'il est orange), orange, le pont orange, donc, avec le ciel. J'ai alors décidé, pour l'avoir fait, de traverser le pont dans un sens et dans l'autre, de rentrer dans la brume épaisse de ce pont et -peut-être- de me retrouver magiquement à Sausalito, pour la blague. Ma géographie s'est avérée lacunaire car il faut encore longer la côte quelques kilomètres pour mettre un pied dans Sausalito. Mais la longue traversée m'a rendue ivre de marche. Commencer à marcher c'est libérer ses pensées. Comme une caméra mes pensées se forment dans mon esprit : tant que la caméra tourne, il y a des choses à voir, quand ell...

8 janvier 2011 : San Francisco vol.8

Hier, je suis allée à l'ex-plo-ra-to-rium ! Oui, oui ! Et c'était gratuit ce jour-là (je crois, parce que je n'ai trouvé personne à l'accueil pour payer). Je pensais y passer deux heures, et puis faire un tour dans ce parc, puis aller au Golden Gate Bridge, et avoir fini pour 17h, heure à laquelle le soleil se couche. De fait j'y suis resté 4h et c'est comme s'il ne s'était passé que trois minutes. Il y avait des tornades miniatures, des jeux d'aimants, des trucs pour tromper le cerveau et d'autres pour tromper les yeux, d'étranges machines qui font de l'électricité, d'autres qui reproduisent des comètes de poche, des mécanismes bizarres qui transforment le son, un ordinateur avec qui tu peux avoir (presque) une vraie conversation (Daisy, elle s'appelle, mais quand elle ne sait pas quoi répondre à ce que tu lui dis elle embraye illico sur l'intelligence des ordinateurs, on pourra dire qu'elle est égocentrique avant l'h...

7 janvier 2011 : San Francisco vol.7

A San Francisco aussi il y a un MoMA, Musée d'Art moderne. Que pour la forme on appelle SFMoMA. Je m'y suis rendue, un peu comme sans avoir le choix. L'art moderne est quelque chose dont je sais rarement quoi penser. Le plus souvent, ce sont des blagues ou des jeux : les trois tableaux blancs dans une pièce qui s'appelent “trois tableaux blancs” et l'artiste qui sur un énorme plateau de cire a enfoncé non pas sa main mais son genou comme une marque d'identité. Et en effet que je les aime ou pas la moitié des œuvres de cette exposition, quelque en soit la magie par ailleurs, est avant tout sortie de l'œuf d'un concept, et uniquement d'un concept. Je n'invente rien en disant que l'art moderne est la philosophie de l'art, mais je me demande simplement alors où est l'art ? Peut-on réfléchir sur l'art par l'art sans en avoir du brut, peut-être même beau (je sais que cela fait dresser les poils des artistes modernes), sur lequel pen...

6 janvier 2011 : San Francisco vol. 6

C'est à l'envers que ma journée d'hier me revient. C'est que mon esprit à cette attraction naturelle pour l'île d'Alcatraz, que j'ai visitée le matin, et il me semble que rien ne peut venir après ça. Tout doit être avant, peut-être à la façon dont les prisonniers de l'île considéraient cette prison : le bout du bout, après lequel il n'est rien. Donc tard le soir, j'ai discuté des heures durant avec un français de Grenoble qui étudie aujourd'hui au Québec, à propos de nos sentiments sur l'Amérique, sur New York et sur Vancouver, ce qui me le fait confondre aisément avec un autre français avec lequel j'avais parlé quelques heures auparavant, qui étudie quant à lui à Montréal. Mais alors que je me retrouvais embarquée, tôt le matin en réalité, dans deux longues discussions sur notre retour prochain en France et ce que ce sera pour nous, de retrouver la bonne nourriture et les administrations tentaculaires et inefficaces, je sentais que l...

4 janvier (j'en reviens aux vraies dates) 2011 : San Francisco vol.5

Le petit conte de “Marie est entrée au Musée Mécanique” (plus connu sous le nom de “conte des trois M). "J'avais un an en 1988. Est sorti un film sympathique, tout sauf phénoménal, où un tout jeune Tom Hanks faisait ses pas de jeune naïf (qui aboutiront un jour à Forrest Gump) : je parle de Big. Un petit film donc. J'avais peut-être 7 ans quand je l'ai vu à la télévision. Parce que j'avais l'âge parfait pour ce film, il m'a plu. Moi aussi j'avais envie d'être grande. Et de danser sur des pianos musicaux. Mais pour cela il fallait que je me retrouve dans une foire, où aurait dû se trouver un vieux magicien en bois, laquelle machinerie m'aurait offert un voeu pour quelques cents. J'aurais demandé à être grande, et le vieil indien aurait exaucé mon vœu, que si l'on en croit le film j'aurais regretté. Mais voilà je n'allais jamais à la fête foraine, et quand j'en traversais une par hasard, je n'y trouvais que des jeux vidéos ...

3 décembre 2010 : San Francisco vol.4

J'ai repris la route des Beatniks. Ils étaient juste à la frontière de Chinatown. Ils m'attendaient là, tranquilles, reposés sur du papier jauni… Car c'est là que se trouve le musée de la Beat Generation. Un petit truc pas cher, une librairie de poche sans grande prétention, qui expose des photos, des articles, et des premières éditions de ces auteurs. Ce n'est pas exceptionnel, mais ça paraît naturel, on est entouré de mots et d'un peu de poussière. Comme toujours la ville célèbre son passé. Quand New York vibre de son absence de mémoire (tout est toujours juste fait ou encore à faire, le plaisir du ici et maintenant), San Francisco salue ses fantômes. Neil Cassidy, qui s'appelle Cody dans les romans de Kerouac (sauf sur la route, où il se prénomme… Dean Moriarty), ouvre la salle avec un poème et un portrait, les autres s'alignent comme des lettres. Les photographies amateures et les articles de journaux nous présentent des hommes tout simples, de ceux qu...

2 décembre 2010 - San Francisco vol.3

Je me suis endormie dans le bus. Je suis arrivée alors à Ocean Beach, une plage ni plus ni moins, pas laide, pas de surfers, et suis entrée en somnambule dans le Golden Gate Park. Et à cet instant, est-ce que je dormais encore ? On m'avait décrit l'endroit comme un Central Park au bord de la plage, mais ce que je voyais c'était un jardin merveilleux. Certains coins pouvaient être des forêts de Norvège, des petits lacs que j'aurais bien vu en Allemagne, des étendues d'eau sage avec des bateaux miniatures et quelques canards comme dans un parc bordelais, et puis des aberrations toutes américaines… Un fou a vu des choses, et le long de la promenade, longue promenade, a posé ses visions, a mélangé les couleurs, a créé son tableau, et c'est absolument splendide. Que sert de raconter ? J'aurais bien du mal à décrire. C'est vert, d'un vert violent comme on croit qu'il n'en existe pas dans la nature. Partout, des arbres gigantesques...

1er janvier 2011 - San Francisco vol.2

En ce lendemain de réveillon (je sais, présenté comme cela, ça donne le tournis), San Francisco a doublé sa brume d'une pluie froide. Les gens sont fatigués des fêtes de la veille, se lèvent tard et lentement, hésitent vaguement à la porte des maisons, mouchoirs en poche. C'est le jour ou jamais pour échapper aux touristes. J'évite le Pier 39 avec une précaution superstitieuse, et sans trop savoir pourquoi je me rends dans ce quartier, “Haight and Ashbury”. On m'a dit que là-bas étaient les hippies. Et comme ma foi les hippies sont les descendants des beats, ça fera l'affaire. C'est un peu la génération ensoleillée qui a succédé ces écrivains déshérités. Puisque la nuit, tous les chats sont gris, le jour levant a peut-être révélé les manteaux colorés et les drapeaux psychédéliques, cachés dans l'âme des poètes et des Ginsberg depuis près de dix ans. Je m'approchais doucement, en silence, dans le vieux bus bondé. J...