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Affichage des articles du octobre, 2010

27 octobre 2010 - New York vol. 27

La course au morceau de pomme a repris. Je ne dis pas que je ne m'y attendais pas un peu. Mais je suis matérialiste, athée, voire incrédule. Alors bien sûr je m'efforce de cacher mes instincts dans un coin, car irraisonnés, car infondés, car ridicules. Et parfois, il faudrait juste suivre le chemin qu'ils nous indiquent. Mais tout de même pour ce que ça m'a coûté (600$), me voici avec une jolie histoire. Je vous raconte l'histoire. Très vite, je vous passe les indices : après avoir échangé la caution de 600$ (tout ce que j'avais pu retirer) contre les clés d'un joli studio, dont j'avais pu vérifier le fonctionnement sur les différentes portes, j'ai pu voir que la propriétaire de mon morceau de pomme avait re-posté son annonce juste après mon départ, puis j'ai essayé de la contacter par mail et sa boîte mail ne fonctionnait plus, et puis j'ai essayé de l'appeler, et… vous avez deviné la suite. Donc aujourd'hui...

26 octobre 2010 - New York vol.26

Les américains ont-ils la moindre idée de ce qu'est le style ? Les aberrations vestimentaires courent les rues, donnant a chaque quartier un cachet d'aberration. Agréable, improbable. Voyez cette jeune fille : elle porte le foulard de musulmane bien serré autour de sa tête, avec le savoir faire des années de pratique, mais aussi des cuissardes en faux cuir qui ne m'inspirent malgré moi que l'image des prostituées. Et cet homme de la sécurité, énorme noir en costard noir, chemise blanche, cravate noire, et sur la tête une large casquette a l'américaine a l'effigie des Yankees. Des dizaines de garçons se la jouent Buddy Holly avec leurs épaisses lunettes à montures noires et leurs chemises a carreaux, le tout monté sur ces Vans indémodables que tout le monde portait quand j'étais au collège, et que je voulais absolument parce qu'aussi affreuses que ces chaussures puissent être, elles m'auraient assuré, chose évidente pour moi a l...

25 octobre 2010 - New York vol.25

C'est l'histoire d'une jeune fille qui cherchait son morceau de pomme. Elle ne demande pas grand chose : un morceau de pomme avec de la lumière, un accès internet, un lit, une cuisine et une salle de bain. C'est courant, comme morceau de pomme ça. Car elle est grosse, la pomme, et haute, on aurait cru que les morceaux se trouvaient facilement, juste en se baladant dedans. C'est dit : cette pomme, elle est pleine de pépins. Je suis retournée deux fois à Brooklyn, mais on n'y voulait pas de moi. Enfin moi, je n'étais pas le problème, au contraire, une petite fille qui sosotte en demandant chi oui ou non, chest pochible d'emménager le 1er novembre, ça ferait pas peur au plus petit froussard. Par contre, si j'ose au détour d'une phrase suggérer que mon petit ami pourrait venir se faire une place dans mon coin de pomme, alors là, le ver devient vert ! Non, non, non, qu'il dit le ver, les garçons ça prend trop de place, ça mange tro...

18 octobre 2010 - New York vol.24

Recherche d'appartement dans Brooklyn. J'ai quitté le bon vieux Harlem pour Brooklyn, où on m'a dit que je pourrais trouver un appartement pour le même prix, plus près de mon école et mieux aménagé. J'avais donc ma liste de trois appartements à visiter, et en soit c'est bien une aventure. Une aventure sociologique, cela irait presque sans dire. J'avais oublié que nous étions dimanche. C'est qu'à Harlem, la religion est discrète, en réalité presque transparente, et seule la forte proportion de mexicains me fait croire que ce doit être malgré tout un quartier pratiquant. Mais à Brooklyn le dimanche, des familles entières de noirs (je n'invente rien, ils le sont tous) se rendent ou sortent de l'église en habit du dimanche. Et quand je dis en habit du dimanche, j'entends que même ce que je trouverais trop élégant pour mon mariage, ils l'ont sur le dos. J'entends que même une bougne de deux ans qui a du mal à poser ...

17 octobre 2010 - New York vol.23

Hier je suis allée à Philadelphie. C'était un voyage organisé par l'école : un bus, trente étrangers, deux accompagnateurs et c'est parti. Ça parlait toutes les langues (et ça ronflait de toutes sortes de ronflements), et finalement nous sommes arrivés au musée, rendus bêtes et patauds par le sommeil et la route. Je suis entrée dans le bâtiment kitchissime sans vraiment savoir où j'allais, rendue dubitative par les colonnes corinthiennes surplombées de gargouilles en métal, ça ne s'invente pas. J'ai alors découvert une grosse collection inintéressante de Manet, une autre beaucoup plus impressionnante de Van Gogh, Degas, Monet, et autres impressionnistes placés sans ordre dans de longs couloirs, mais surtout une très belle collection mal organisée de cubisme classée sous le terme « art contemporain ». J'ai été stupéfaite car il y a quelques années j'avais écrit un mini-mémoire sur le thème de la naissance du cubisme, pour un ...

13 octobre 2010 - New York vol.22

Hier, c'était mon anniversaire. Hier, en France, il y avait 3,5 millions de personnes dans les rues et à ma manière, j'y étais. 3,5 millions + moi. Hier, je suis allée au restaurant ouvert par De Niro dans Tribeca. J'ai cherché de Niro, j'ai trouvé un hangar avec des chandeliers étranges, des tuyaux aux murs, un vieux bars en bois, des serveurs juste assez guindés pour être drôles, juste assez décontractés pour être rassurants. C'était un vrai, bon restaurant. Et étrangement aujourd'hui je me sentais bien. Vraiment bien. Et je sais que d'avoir mangé quelque chose de subtil, de sain, a aidé à cela. Hier, dans le métro à côté de moi, un schizophrène se battait avec les voix dans sa tête. Il lisait tranquillement son journal, et puis tout à coup il s'est tenu la tête et s'est mis à pleurer en hurlant “get out! get out of my mind!” (“sortez de là, sortez de ma tête !”). Il s'est calmé, et puis quelques minutes plus tard...

10 octobre 2010 - New York vol. 21

Je suis épuisée. Syndrôme des temps modernes : couchée à 2h, à 4h30 je fais une crise de spasmophilie. Ce qui est drôle dans l'affaire c'est que mon état de semi-conscience a confondu trois éléments sans lien les uns avec les autres : mon allergie à la poussière d'une part, qui m'empêche très légèrement de respirer dans ce lit de vieilles couvertures, ma spasmophilie, qui me donne la sensation de ne pas respirer, et mon rêve d'autre part, car je rêvais de Paul McCartney. Et là ça devient hilarant parce que la responsabilité de Paul McCartney dans mes difficultés à respirer ne faisait aucun doute, dans mon délire d'éveillée endormie. Salaud de Paul. Je pensais à lui, un peu en l'honneur de quelqu'un que j'aime, avant de m'endormir, et je pensais à cette drôle de théorie “Paul is dead” selon laquelle il aurait été remplacé à sa mort le 12 octobre 1966 (j'aime que mon anniversaire serve aussi de date à la mort ...

6 octobre 2010 - New York vol. 20

Aujourd'hui a été de ces journées faciles où tout coule de source. J'ai commencé par regarder ce matin le film The Yellow Submarine, idéal pour commencer la journée du bon pied malgré les litres d'eau qui tombaient encore dehors. Mes cours ont été amusants, intéressants, constructifs, et en sortant de mon dernier cours à 21h la petite allemande m'a encore une fois prise sous le bras, cette fois-ci pour une soirée d'anniversaire dans Brooklyn. Je m'attendais à une de ces soirées où les inconnus boivent une bière dans leur coin (et parfois trop d'affilées de sorte que le seul souvenir que l'on garde d'eux leur laisse peu de gloire), où les filles dansent sur des airs idiots et les garçons répondent en lançant de vastes rires pour de petites blagues, sans très bien d'ailleurs savoir pourquoi. Mais arrivée là-bas, forcément… La soirée se passait dans un petit théâtre-cirque dans un bric-à-brac d'objets et de velour...

2 octobre 2010 - New York vol.19

Trois écrits, matin, midi, et soir. Trois moments de la journée… Aujourd'hui est samedi. Samedi, l'étudiante en moi concède un peu de place à la touriste et, guide à la main, je lève les yeux de mes bouquins pour les poser sur les cimes. Je regardais donc les beaux bâtiments qui longent la 23ème rue. J'étais un peu désemparée. Parfois en touriste, ou devant la plupart des œuvres d'art (et plus particulièrement les plus réputées), on se retrouve désœuvré : on a vu. Faut-il regarder encore ? Mais vraiment qu'y a-t-il à voir ? Bon… disons que c'est joli. Oh oui, c'est joli, c'est très joli. Je peux passer au suivant maintenant ? Non, non, quelques secondes encore et je pourrai cocher la case “vu” de ma petite tête…………………….. voilà. Bon, le prochain, il est où ? Madison Square Garden : un groupe fraîchement débarqué de Nashville, Tennessee, chante une chanson sur le thème “fallin...