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Affichage des articles du septembre, 2010

29 septembre 2010 - New York vol.18

Oh j'avais écris un pamphlet enflammé sur le tourisme et la tête qu'on a tous et comment réussir à se définir en tant que “voyageur’ plutôt qu'en tant que "touriste”, et pourquoi vraiment, l'un est vain et l'autre enrichissant… Mais un mauvais jeu de clavier a tout effacé. Alors puisque j'ai mis toute ma verve dans un couplet que vous n'entendrez pas, j'en choisis un autre, plus posément, plus pragmatique, avec quand même dans l'idée que perdre des mots est quelque chose de très grave, de foutrement grave même, et que des assurances devraient nous rembourser les mots perdus… C'est un minimum. Mais je parlerai donc d'un tout petit passage de ma journée, et me connaissant un peu (je vis avec moi-même depuis si longtemps que je ne compte même plus les années), un petit élément bénin peut prendre les dimensions d'une planète, pour peu que mon âme soit d'humeur à l'emphase, et elle l'est souvent. Bref, p...

29 septembre 2010 - New York vol.17

… Et puis aujourd'hui en me baladant -je me balade beaucoup- je me suis dit que peut-être que quelqu'un pourrait lire ces dizaines de petites sensations en bouquet pas fermé, ce blog, et à la fin de la lecture refermer le livre bleu (ou, de votre point de vue orange) et dire “c'est à croire qu'elle n'aime pas New York !” Ce serait possible. Et cela me rendrait très triste. Pour une seule et unique raison : j'adore New York. J'y adore les gens, la folie des grandeurs, les métissages incompréhensibles, leur faculté incroyable à faire de la vie un jeu (qui frise la plus parfaite naïveté… voire inculture, je l'avoue) ; j'en adore la poésie, et jusqu'à la façon dont la pluie fait briller la ville, de telle sorte que tout se reflète dans tout. J'y vois presque parfois la ville qui a construit et détruit des Kerouac, ou des Ginsberg. C'est d'ailleurs sans doute par superstition littéraire que je prévoie de clore mon séjour...

26 septembre 2010 - vol. 16 ? si on veut.

Oh, mais qu'est-ce donc ? Hein, c'est quoi cet ennui de tout, cette tristesse sans profondeur, cette fatigue, ce besoin des mots, des mots, toujours des mots pour relever la tête? Et qu'est-ce que c'est que ces centaines de dialogues que j'ai avec moi-même, avec des gens imaginaires, absents, ou même morts, dans une langue ou dans une autre? Et c'est quoi ce besoin d'écrire qui n'assouvit rien, ce besoin d'inventer sa propre vie alors qu'on est en train de la vivre? C'est quoi ces dialogues qui durent toute la nuit avec des êtres virtuels, numériques, de passage sur internet en même temps que moi? C'est quoi cette lassitude, pourquoi est-ce que je ne suis pas extatique que quelqu'un de mon école de New York m'ait proposé de travailler sur le décor de son film? Pourquoi est-ce qu'au fond je me comporte comme si cette personne s'adressait à une autre qu'à moi? J'avais bien envie de vous parler des parcs a...

25 septembre 2010 - New York vol.15

Je me suis assise au bord de l'Hudson River, comme chaque soir au moment du coucher du soleil. Je vais manger là-bas en regardant le soleil passer derrière les quelques buildings qui ne sont plus Manhattan. Et ce soir j'étais un peu seule, un peu pensive, un peu le regard à l'abandon qu'ont les gens romantiques quand ils n'écrivent pas de poèmes. A côté de moi un grand homme noir de 35 ou 40 ans amusait sa petite fille pleine d'énergie, et à mes yeux leur manège passait dans un ralenti esthétique. Alors je les observais du coin de l'œil en souriant. Et lui me regardait du coin de l'œil comme pour avoir dans mon regard le témoignage de l'amour qu'il portait à sa fille. Le manège a duré un petit quart d'heure, nous avons échangé deux phrases de politesses de type “bonjour, joli coucher de soleil” pour justifier nos regards respectifs, après quoi ils se sont préparés à partir. Au passage le père m'a dit “Hey Miss, I th...

24 septembre 2010 - New York vol.14

Ce soir, je suis allée voir un concert de Porcupine Tree. Seule. Au Radio City Music Hall, une salle qui a jusqu'ici attiré plus de spectateurs que la population des Etats-Unis… c'est dire. Il faut savoir que ce groupe est un tout nouvel amour pour moi. J'ai écouté cette chanson dans le train “Arriving somewhere”, et ça a été le coup de foudre. Depuis on se cherche, on se frôle, mais c'est tout nouveau-tout fragile… Alors je suis allée à ce concert, bien sûr dans une salle exceptionnellement grande et bondée, et j'observais le public avec sans doute un air dubitatif : des couples de 45-50 que j'aurais pensé rencontrer lors un concert de blues partageaient leurs rangées avec de jeunes métalleux, quelques geek, et bien sûr beaucoup de célibataires trentenaires, ils sont quand même les actionnaires principaux de la ville de New York, que diable. Et le concert à commencé. Le chanteur est venu nous annoncer qu'ils ne joueraient pas de morceaux...

23 septembre 2010 - New York vol.13

En me baladant sur la 23ème rue j'ai croisé ces trois aveugles qui discutaient ensemble, très fort. Le privilège du simple passant est d'attraper au vol ces éclats de conversation dispersés à tous vents, et celui que j'ai intercepté m'a donné à réfléchir. L'aveugle disait à l'aveugle : “Tu veux être comme moi, je veux être comme toi, on veut tous les deux être comme l'autre et donc…”. Et je pensais, pour mettre un point à la chose : “donc on n'a pas fini”. C'est cela. On n'a pas fini. Alors j'ai repensé à ce commentaire : avais-je rencontré ici cette personne que je voudrais secrètement être, et dont faute de mieux j'aimerais être l'amie ? Mais vous le savez d'expérience, on n'en devient jamais l'amie. Malchance, destin, ou quoi qu'il en soit… Pourtant ici je ne voudrais être personne d'autre. Ce n'est pas possible en réalité. C'est un tout autre continent : les états-uniens ne p...

18 septembre 2010 - New York vol.12

New York City : No mercy (New York : Pas de pitié). C'est ce que quelqu'un a écrit en énorme au sol devant ma fenêtre. Je ne sais pas dans quelle New York les jeunes des gangs que je croise parfois dans la rue vivent, mais ce n'est pas la même que moi. Je m'étais figuré que dans une aussi grande ville les gens seraient comme ils sont à Bordeaux, ou à Paris : froids et distants au premier abord, aveugle à ceux qu'ils croisent et sympathique seulement à ceux qu'ils rencontrent. Non que j'ai quelque chose contre cette façon de vivre, mais j'avais tout faux. Les gens me parlent. Constamment. Certes, comme dans tous les pays mon style vestimentaire un peu décalé, n'est pas innocent de cette familiarité, mais comme des enfants ils sont curieux, peu discrets, ils aiment et n'aiment pas avec emphase. Les gens me demandent où j'ai acheté ci ou ça, si je l'ai fabriqué, combien ça m'a coûté, d'autres m'arrêtent dan...

17 septembre 2010 - je me permets...

Je me permets quelques corrections et précisions : Quand je me suis levée ce matin, il y avait plusieurs cordes qui pendaient devant ma fenêtre. Je les ai suivi du regard et ai regardé en bas. les paquets de “sucre-farine-cocaïne” où je ne sais quoi, étaient toujours là, 18 étages en-dessous. Mais il y avait aussi au bout des cordes des ouvriers au sol, se préparant à faire des travaux que je ne comprends pas. Et c'est à voir ces ouvriers à côté de ces paquets que j'ai réalisé que les paquets en question étaient très loin de faire la taille d'un pigeon, et beaucoup plus proche de la taille de mon bras tendu… Le mystère s'épaissit. L'orage qui a éclaté hier juste après l'accident n'était pas exactement un orage : c'était l'approche de la tornade. Je suis retournée à Harlem (au nord), alors qu'elle se dirigeait vers Brooklyn (au sud). Le seul moment où je l'ai croisée sans le savoir, une jeune asiatique a croisé u...

16 septembre 2010 : New York vol.12

“Ça s'est passé trop vite” est la phrase consacrée, et c'est la première qui me soit venue. Un orage au-dessus de moi ne se décidait pas à exploser, et j'allais très lentement, parce que j'étais en avance, et que je ne savais pas ce que j'allais faire de ce temps libre. Trop lentement je suppose, car la jeune fille derrière moi, petite asiatique d'une trentaine d'années, me collait aux semelles. Je traversais la rue au rouge clignotant (l'équivalent du orange en France) avec le bruit de ses talons dans les oreilles, mais à peine le pied sur le trottoir, j'entends un choc, un coup de klaxon, et l'homme que je m'apprêtais à croiser hurle quelque chose. Ces trois sons en un quart de seconde exactement. Quand je me suis retournée, la jeune asiatique était au sol, et se tordait à mes pieds sans que je puisse déceler où était sa douleur. Je parierait qu'elle non plus. Elle essayait de se contorsionner, mais chacun de ses mou...

16 septembre 2010 - New York vol.11

Aujourd'hui, pas de grandes réflexions rhétoriques sur le vie new-yorkaise, mais les plus absurdes des petites questions : - pourquoi l'arrêt de métro “163ème rue” de la ligne 1 se trouve sur la 161ème ? - pourquoi est-ce que seuls les bouquins sont incroyablement peu chers ici par rapport à leur prix en France ? - pourquoi Barnes and Noble a créé deux immenses librairies à seulement une rue l'une de l'autre ? - pourquoi est-ce que j'ai choisi d'acheter l'enfer de Dante, italien si je ne m'abuse, comme tout premier livre acheté à New York ? - pourquoi les écureuils qui viennent manger (littéralement, oui, oui) sur mes genoux ont-ils si peur des appareils photo ? - pourquoi paie-t-on des banques si c'est pour qu'elles nous empêchent d'accéder à notre propre argent ? - pourquoi y a-t-il ses grands chiffres rouges qui défilent sur Union Square (la question commence à me turlupiner) ? - pourquoi les américains ne me comprennen...

15 septembre 2010 - character and plot : mon texte (en anglais)

For many of my friends, she would be the most beautiful girl one has ever seen. And I did not even liked her. Actually, I hated her, every single part of her body drived me crazy. So, think about the whole lot of it… I have been her older sister for so many years. And one day, I just decided I would not be anymore. Just not. If she had been mean or anything, I could have handled it. But how do you do with such exquisite behaviour, kindness at all times, softness in voice and tone, and a perfectly shaped mind and body ? She was one of those girls who will never be cynical because their beauty have driven them far above that. In my family she was a wind of joy in a house of despair… and I was the despair. I would have been her nemesis if she could even have thought of hating me. But occasionnally when we were little girls she would bandage my finger I had cut trying to cut hers. What evil is that ? Her soft hands would caress mine and she would do nothing but turning her blu...

14 septembre 2010 - New York vol.10

Le 11 septembre, j'ai cru ne pas voir grand chose. J'ai cru que les New-Yorkais commençaient à s'en moquer un peu. Mais en réalité c'était moi qui m'en moquais. J'ai passé une journée très agréable de touriste modèle en compagnie de deux amis. Visite de la statue de la liberté, du musée de l'immigration sur Ellis Island, puis coucher de soleil sur le lac Onassis dans Central Park, puis on est allés manger des sushis excellents, puis fumer deux chichas dans East Village, et enfin, nous sommes allés sur le Brooklyn Bridge, voir l'horloge géante de Brooklyn nous indiquer les 2h du matin depuis l'autre rive de East River. Beaucoup de rires, une journée passée à changer de langue au cours de la même phrase, à prendre différents accents pour se comprendre, à se faire deviner les uns les autres des chansons des Beatles. Nous avons oublié toute une journée durant que nous n'étions pas une journée comme les autres dans le cœur de...

9 septembre 2010 - New York vol.7

New York est une ville… épuisante. Je suis allée voir un spectacle à Broadway hier. Memphis. Alors bien sûr Times Square la nuit c'est fascinant, et grand, et coloré, et puis il y avait ce spectacle beaucoup, beaucoup trop fort, dont les décors magnifiques se déplaçaient, changeaient et s'échangeaient perpétuellement, ces chorégraphies survoltées sur du Rythm and Blues et du Rock and Roll pur jus, ce scénario sans finesse mais sans faux pas, toute cette énergie ! … Je me sentais un peu seule, en fait. Je suis sortie et j'en avais assez de voir des gens sans les voir, de leur parler sans discuter. Je me suis réveillée ce matin au son du sirène qui n'a pas cessé de sonner ensuite, et plutôt que de continuer à tourner en rond dans mon appartement avec le bruit de la rue et de la maudite corne, j'ai décidé d'aller à Bleecker Street. C'est une rue reposante, constituée de librairies, de boutiques de vinyles et de magasins vintages pour for...

7 septembre 2010 - New York vol.6

Il y a des pubs dans le ciel ici… Des avions balancent dans le ciel bleu de petits points de fumée blanche, lesquels forment des mots, lesquels forment des slogans. L'ingénieux ingénieur n'ayant pas pensé une seconde qu'avec la hauteur des bâtiments new yorkais, il faut vraiment être une flâneuse pour lever les yeux aussi haut, et qu'on ne peut pas lire plus de deux mots. J'aurais donc lu une fois “Geico” (à vous de deviner ce que peut être Geico, j'opte pour un supermarché en ligne, parce que je joue dangereusement), et une autre fois, très distinctement “than just”. Ces deux mots avortés d'une phrase sans début ni fin me sont d'ailleurs restés dans la tête toute la journée comme ces chansons en forme de ritournelles qui restent bloquée entre deux neurones. Si j'étais sadique, je crois que je mettrai sur mon profil quelque chose comme la chanson des Restos du Cœur… Bref, je me suis levée trop tôt ce matin, et à peine les yeux o...

6 septembre 2010 - New York vol.5

J'ai mangé ! Je veux dire… pour de vrai ! Quelque chose qui n'avait pas uniquement le goût de graisse et la couleur de M&M’s ! Et en soi c'est toute une aventure. J'étais partie à 2pm pour rencontrer mon prochain colocataire, et blablater avec lui de littérature et de philosophie, parce qu'il fait partie de cette classe intellectuelle New-Yorkaise (qui vit de jazz mais n'est plus beatnik depuis des générations) qui se targue d'un brin de connaissances et d'analyse. En outre ce n'est pas faux, et la discussion était très agréable. Je lui ai même pardonné, dans la ferveur de la discussion, d'être un si grand adepte de Platon. Il m'a pardonné de n'avoir jamais lu de Shakespeare… oui, je sais. Et puis il expliquait que pour lui aux Etats-Unis il y avait New-York et le reste, ce par quoi j'ai pu juger qu'il n'y a pas de parisianisme qu'à Paris. Il faisait aussi partie de ces américains anti- américains, qui...

4 et 5 septembre 2010 - New York vol.4

Hier, je me suis retrouvée sur la 72ème rue à regarder un groupe de jazz jouer en plein air. Contrebasse, guitare, batterie, trompette, j'avais l'impression d'être dans le New York que j'avais imaginé : de hauts buildings et plein de gens avec au milieu un groupe de blacks jouant du jazz. Et puis le trompettiste jouait de deux trompettes à la fois, chacune dans une main, et outre le côté spectaculaire, c'était très beau à entendre. J'ai toujours aimé la laideur travaillée des trompettistes quand ils soufflent dans leur instrument. Ils y envoient de l'air, mais aussi tout ce qui va avec : leurs lèvres, leur sang, leurs yeux. Leur souffle pousse tout leur visage avec la même force, et parfois j'ai un peu peur de voir cette tête se fendre et laisser passer tout ce qu'il y a à l'intérieur. Mais non, tout ce qu'il y a à l'intérieur va dans la trompette. Tout. Jusqu'au plus profond. Et pour le coup il ajoutait à cette f...

3 septembre 2010 - New York vol.3

C'est une drôle d'idée, cette école. J'ai choisi mes cours, et me voici avec un week-end de… 5 jours. Je vais avoir le temps de m'intégrer à la vie New-yorkaise, je pense. Pour moi c'est parfait : peu de cours, mais ceux que je veux (décor de cinéma, adaptation de nouvelle, sujet et personnages, montage, introduction au travail d'acteur), et beaucoup de temps libre pour aller grappiller un peu de poésie et de sensations tout autour de cette belle ville. Peut-être même un moment pour aller au Canada, qui sait ? Guide du routard en poche, toujours à la recherche de quelque chose qui puisse se manger, je pars sans but précis dans la ville. Chaque fois que je m'arrête, quelqu'un me demande si j'ai besoin d'aide. Même les grands-mères, de celles qui ont une tête à sortir leur bombe lacrymogène pour un pas de trop… mais pas ici. “Do you need help ?” “Do you need help ?” “Do you need help ?” “DO YOU NEED HELP ?” Bo...

1 septembre 2010 - New York vol. 2

Réveillée a 7:30am, soit une heure avant mon réveil, car en France il est 13h30, je remarque que la température n'a pas baissée, et elle ne baissera pas de toute la journée. J'utilise le reste de mon forfait pour appeler mon petit ami, et je pars tranquillement pour le Monkey Bar Lounge, le bar étudiant appartenant a ma future école. Trouvant sans trop de mal mon chemin, je prends un the glace immonde (décidément, la qualité des starbucks américains est inversement proportionnelle a leur nombre), et arrive tout de même au rendez-vous plus d'une heure a l'avance. J'y fais la connaissance de deux camarades israéliennes et une autre italienne, et assiste a une banale réunion administrative… Et me voici dans les rues. Selon les instants, je me sens tassée puis élevée par ces bâtiments gigantesques. Inutile de préciser que même mille films new-yorkais ne nous préparent pas aux splendides dimensions de cette ville. J fais quelques achats, et puis san...