dimanche 26 septembre 2010

26 septembre 2010 - vol. 16 ? si on veut.

Oh, mais qu'est-ce donc ?

Hein, c'est quoi cet ennui de tout, cette tristesse sans profondeur, cette fatigue, ce besoin des mots, des mots, toujours des mots pour relever la tête?
Et qu'est-ce que c'est que ces centaines de dialogues que j'ai avec moi-même, avec des gens imaginaires, absents, ou même morts, dans une langue ou dans une autre?
Et c'est quoi ce besoin d'écrire qui n'assouvit rien, ce besoin d'inventer sa propre vie alors qu'on est en train de la vivre?
C'est quoi ces dialogues qui durent toute la nuit avec des êtres virtuels, numériques, de passage sur internet en même temps que moi?
C'est quoi cette lassitude, pourquoi est-ce que je ne suis pas extatique que quelqu'un de mon école de New York m'ait proposé de travailler sur le décor de son film? Pourquoi est-ce qu'au fond je me comporte comme si cette personne s'adressait à une autre qu'à moi?
J'avais bien envie de vous parler des parcs à New York la nuit, de la petite lesbienne du starbucks, de la fumée qui transpire des plaques new yorkaises, des gens qui vous indiquent les mauvais chemins… vous auriez préféré. Peut-être une autre fois mais ce soir en réalité je m'en balance.
Pourquoi est-ce que je m'en balance?
Pourquoi est-ce que la lumière de ma journée, que j'ai eu pourtant bien remplie, a été de travailler plusieurs heures durant sur un roman, enfin déconnectée de ma propre personne?
Pourquoi est-ce que j'ai l'impression en marchant que je pourrais disparaître, en un clin d'œil, en une seule décision? Il suffirait pour ça que j'arrête de parler…
Oui je parle tout le temps, à moi, aux autres, à des crétins et à des fous, j'écris, j'écris, je parle je parle et je ne peux pas me taire, parce que si j'arrête de parler, comprenez : je disparais. Je disparais !
Eh oui, ici la seule preuve de mon existence, pour vous comme pour moi, est dans le fait que je parle puisque vous, vous, vous ne me parlez pas.
Parfois, vous répondez. Vous répondez parce que je parle. Et si je ne parlais pas? Pourquoi c'est moi? Pourquoi c'est moi qui parle, et pourquoi c'est moi qui combat chaque jour le danger de disparaître, de m'évanouir dans le silence?

Pourquoi ! Parce que c'est ça, la solitude.


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